poésie

la possibilité d’une bouche

conciliabule inconciliable
symphonie inachevée
suite sans repos sans reprise
quelle réponse donner au doute
dans l’échancrure du matin demeurent
trois mots en suspens mal placés
mal assis dans le repli carré
d’une pulsion
la possibilité d’une bouche
©Perle Vallens

poésie

goutte froide

la première goutte
froide
trouble fluide
terriblement trompeuse
intarissable
a trahit le mot pluie
a traversé le ciel à plein seaux
à pleines menaces stratosphériques

tombée en trombes
les premières gouttes
froides
périlleuses rectilignes
n’ont prévenu personne
de leur déséquilibre
multipliées au quintuple
n’ont prévenu personne
qu’elles donneraient un spectacle
de mort
©Perle Vallens

corps·photo n&b·poésie

Le vide du corps

Le corps est à particules
à énoncé fixe dès sa naissance
on ne le choisit pas
On bute on tombe dedans d’emblée
on se met en place dans son bassin
on glisse ses yeux dans ses orbites

Il reste toujours des ajustements
Il y a des flottements entre les circulations
et beaucoup d’espace
5 milliards de milliards de milliards d’atomes
et beaucoup de vide quantique

L’inexacte métrique du corps
sa mystique de composite
de mécanique complexe (et sa burette d’huile)
un sacré coup porté à sa vérité
à ses rouages mystérieusement
pleins de vide
©Perle Vallens

Poème tiré d’un recueil en cours, Carcasse

photo n&b·poésie·prose

Un goût de trèfle

La mort a un drôle de goût. Un goût de viande froide. Un truc fade qui s’accroche au palais.

Elle colle, elle se cuisine mal. Il faut d’abord déloger les poils. Il faut déployer un peu ses ailes, replier sa tête. Sa vilaine tête de mort. Il faut lui parler franc. Elle sait très bien qu’elle est difficile à digérer. A peine mangeable.

On peut trouver d’autres ingrédients pour rehausser un moment final. Trois fois rien pour faire passer. Trois fois pour un rien définitif.

Le trèfle à quatre feuilles par exemple, est un bon exempe. La mort s’en tatoue la poitrine et ça lui fait un trou sur la peau.

Ça fait un peu peur aux enfants. Pourtant on avait confiance dans les trèfles à quatre feuilles. Et on avait confiance dans sa bonne étoile.
©Perle Vallens

Actualité·écriture

Nouvelle rubrique « Parutions »

Comme son nom l’indique, récapitule ici les parutions en revues littéraires, anthologies de poésie et nouvelles parues chez la Musardine, ainsi bien sûr que le premier prix du concours du Prix de la Nouvelle Erotique 2021 (PNE) organisé par les Avocats du Diable en partenariat avec les éditions Au diable vauvert.
NB je ne cite pas les parutions chez B-Sensory, l’éditeur n’existant plus…

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·prose

L’ennui

La fureur éteinte est un fauve tapi qu’il serait temps d’éveiller. Mais il dort non stop. Ni agir ni fuir, aucune échappatoire. 
On cherche la première consolation venue sur écran. On ouvre et on referme ses mains avec l’espoir d’y trouver quelque chose. Quelque chose à faire. Mais rien. 

L’ennui ne sommeille pas, il tenaille, tient la tête entre ses doigts serrés, il la presse, en extrait tout le jus, épuise toute l’énergie en vaine projection. On fait quoi ? On faiblit d’ennui crasse, de feu refroidi. 
L’ennui nous berce contre les murs, tisse sa toile gluante, colle nos yeux au vide, cogne les crânes de son trop creux, nous remplit de rien. 
L’ennui réfrène et anéantit. Il pèse et nous brise, il nous morcelle, affalés, avachis. Il nous maintient plaqués au canapé, nous empêche, nous amollit. Il nous dessèche, nous réduit au néant. 
Cet ennui qui menace reste, s’ancre, s’incruste, persiste et signe notre arrêt de vie.
©Perle Vallens